le carmel de montréal : haut lieu de la spiritualité féminine

Le jardin Roerich se trouve adjacent à un important site de patrimoine, toujours vivant : le Carmel de Montréal, construit en 1895–1896.

Représentantes par excellence des ordres contemplatifs féminins, les Carmélites incarnent pour Montréal une grande tradition occidentale, l’une des rares attaches faisant le lien entre les siècles du Moyen Âge et le nôtre.

Bien que la fondation historique de l’ordre a eu lieu à Jérusalem au XIIIe siècle, ses horizons sont millénaires : le Carmel seul des congrégations religieuses se réclame des racines remontant aux temps des prophètes de l’Ancien Testament. Ses origines légendaires se retrouveraient au IXe siècle avant Jesus Christ, avec le prophète Élie au mont Carmel. Un vitrail du prophète occupe une place d’honneur dans la chapelle ici.

Chassé de la Terre Sainte à la fin de l’époque des croisades, l’ordre s’établit en Europe.

Deux personnages iconiques

Deux grandes figures carmélitaines sont particulièrement célèbres : « la Grande Thérèse », Thérèse d’Avila

(1515–1582), et « la Petite Thérèse », Thérèse de Lisieux (1873–1897).

Thérèse d’Avila (1515–1582), Thérèse de Lisieux (1873–1897)

L’avènement du Carmel au Canada

Une jeune québécoise, Hermine Frémont (1851–1873) — première Carmélite canadienne — fut, au prix de sa vie, l’instigatrice de la fondation montréalaise. Les quelques mois qu’elle passait au Carmel de Reims, avant sa mort prématurée, inspiraient un effort héroïque. Moins de dix-huit mois après, le 6 mai 1875, six Carmélites françaises débarquent à Québec, en route pour Montréal.

Hermine Frémont

Le Carmel d’Hochelaga

À Montréal, quelques années de séjours temporaires aboutissent pour les Carmélites en 1879 avec la construction du Carmel d’Hochelaga. Le site au bord du fleuve (dont aucune trace ne subsiste aujourd’hui, le tout ayant été absorbé par le port de Montréal) s’avère cependant insalubre et mal adapté aux besoins de la communauté. En 1892, William Edmond Blumhart (1844–1907), fondateur du journal La Presse, cède aux Carmélites d’Hochelaga un terrain situé dans le district de Côte-Saint-Louis (l’actuel Mile-End/Plateau Mont-Royal). Un nouveau Carmel est construit en 1895–1896 et les Carmélites en prennent possession le 15 octobre 1896, fête de sainte Thérèse d’Avila.

Le Carmel d’Hochelaga

La pure tradition médiévale

En offrant son appréciation du Carmel actuel, le Conseil du patrimoine religieux du Québec souligne sa fidélité à l’ancienne tradition monastique : « Le monastère, … conçu par l’architecte A. Préfontaine en rappel, semble-t-il, du premier carmel de la rue Notre-Dame dans Hochelaga. L’ensemble conventuel, sobre et dépouillé, est construit en pierre. Si, sur la rue du Carmel, on remarque une concentration de bâtiments publics comme l’accueil, la chapelle et deux maisons, jadis demeures du chapelain et du sacristain, c’est derrière ces espaces que prend place le Monastère des carmélites qui forme une cour carrée, dans la pure tradition médiévale. La propriété est complétée par un grand jardin avec quelques ermitages ; le tout est entouré d’un mur de moellon, véritable muraille fermant le monastère. La chapelle néogothique et les autres espaces types du carmel respectent l’architecture de tradition monastique, adaptée au Québec, et font de cet ensemble conventuel un cas unique de notre inventaire… »

Monument historique

Le monastère des Carmélites a été classé monument historique le 18 mai 2006 par la ministre de la Culture et des Communications du Québec, protégeant ainsi le monastère dans son intégralité, y compris son grand jardin. Grâce au classement, des fonds deviennent disponibles pour aider la communauté à entretenir son précieux site. Le mur Ouest faisant face au jardin Roerich a été reconstruit en 2008.

La chapelle du monastère, ainsi qu’une petite librairie, sont accessibles au public grâce aux bons offices d’une équipe de bénévoles.

Kevin Cohalan, Société d’histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal. Peinture de Thérèse d’Avila par François Gérard. Autres photos du livret « Jardin fermé » par Le Carmel de Montréal (1955).

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