jardins recyclés… suite

Lorsque je pense à mon aventure des jardins recyclés, je vois la petite graine que j’ai semée en moi et peut-être en d’autres. Cette semence de possibilité qui nous permet de se réapproprier notre environnement immédiat. En s’investissant de la sorte dans notre quartier, on découvre tous les espaces qui sont mal ou non utilisés, les objets et les plantes réutilisables qui sont voués à l’abandon et les ressources pour les humains qui s’y cachent.

Cette expérience m’a concrètement fait constater que notre société capitaliste et individualiste ne favorise pas ce genre de développement urbain,  parce que le sens de notre responsabilité envers la communauté a en quelque sorte disparu. La prise en charge par les villes, les gouvernements ou le secteur privé a coupé l’herbe sous les pieds du simple citoyen voulant vivre sa ville. Tout nécessite maintenant un permis et un responsable.

J’ai rêvé d’une anarchie positive où tous les citoyens intéressés se seraient impliqués naturellement. Je me suis rendu compte que les gens sont encore trop timide. À long terme, ils avaient encore besoin qu’on leur tienne la main. L’ensemble des artisans de ces jardins parlait encore de «mes jardins» alors que je n’étais que l’initiateur. Sans leur contribution pour trouver des matériaux recyclables, des plantes abandonnées ou simplement de l’énergie à dépenser pour creuser, planter et construire, rien de tout ça n’aurait pu voir le jour. Malheureusement, je n’ai pas réussi à sortir les jardins recyclés de la représentation de moi-même.

Je reste convaincu qu’un jour ces types de jardins deviendront une nécessité, un mode de survie, dans ce monde où les seules ressources naturelles en croissance sont nos déchets.  Le jour où nous n’aurons plus de place pour cacher ces déchets, nous devront apprendre à faire avec.

Bernard Gagnon

Philanthrope maniaco-expressif, ce multidisciplinaire enragé cherche constamment la source perpendiculaire qui nourrit ses engagements. Cet espèce en voie d'apparition se voit comme canal emprunté pour l'amorce de sa dérive horizontale. Cet Homo Sapiens Sapiens Demens prend ses travaux par les bornes et tente un nouvel assemblage. Sa préoccupation première est de rallier toute forme d'art et de divertissements autour d'actions-concrètes pour amméliorer l'environnement. Rebel pacifiste, jardinier compulsif et comédien anarchiste éco-centrique, il tisse tranquillement le lien entre la musique et les jardins. Il entendit déjà la musique dans ses jardins... mais il ne se concentrait pas à la reproduire.

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