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	<title>le jardin roerich &#124; the roerich garden project &#187; Charle Lamarre</title>
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		<title>30 novembre 2008</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 03:13:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charle Lamarre</dc:creator>
				<category><![CDATA[2/ life is here: communauté]]></category>

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		<description><![CDATA[Je pleure parce que cette friche est comme un exutoire de liberté un retranchement reposant, une invitation à une certaine bohème de passage. Cette place c’est la possibilité éternelle. En faire quelque chose c’est tuer cette possibilité.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>30 novembre 2008 22:54:48 GMT-05:00</strong></p>
<p>Hey, je pensais à toé l&#8217;aut&#8217; fois parce que j&#8217;étais dans un meeting politique, pis là y&#8217;avait du monde du Mile-End (le comité citoyen, environ 100 personnes&#8230;) qui étaient occupés à se demander qu&#8217;est-ce le secteur St-Viateur Est allait devenir et surtout, moi je croyais être un des seul à y tenir, si le parc de l&#8217;assassin allait être bétonné&#8230;. Une fille a parlé d&#8217;un truc qu&#8217;elle fait là bas, c&#8217;est du guerilla gardening, son blog s&#8217;appelle <em>sprout ou loud</em>. Bref, elle projette de former un genre de groupe de pression pour laisser en friche ce terrain vague et réduire au minimum l&#8217;aménagement pour en faire un parc sauvage.</p>
<p>Par contre, j&#8217;ai entendu parler que la ville aimerait soit le développer, soit y mettre partiellement la cour de voirie&#8230; entéka, je ne sais pas à quel point ces trucs de hippies t&#8217;intéressent encore, mais je trouve ça cool. Anyway. À peut-être bientôt!</p>
<p><strong>1 décembre 2008 13:49:48 GMT-05:00</strong></p>
<p>allo, j&#8217;adore le parc de l&#8217;assassin, c à côté des carmélites non? envoie moi son blog si tu veux. mâ aller manifester moé aussi! tour lou !</p>
<p><strong>1 décembre 2008 14:04:19 GMT-05:00</strong></p>
<p>Oui, c&#8217;est le champs en face des carmélites.</p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A:link { so-language: zxx } -->Site de la fille: <a href="http://www.emilyrosemichaud.com/">www.emilyrosemichaud.com/</a></p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A:link { so-language: zxx } -->Article qui dit que la ville va y mettre la cour de voirie: <a href="http://www.montrealexpress.ca/article-277498-Le-projet-des-cours-de-voirie-va-de-lavant.html">http://www.montrealexpress.ca/article-277498-Le-projet-des-cours-de-voirie-va-de-lavant.html</a></p>
<p>PV de l&#8217;arrondissement qui autorise l&#8217;achat des terrains:</p>
<p>Compte rendu de la séance du conseil d&#8217;arrondissement du 2 septembre 2008</p>
<p>Montréal, le 5 septembre 2008</p>
<p>Projet de cour de voirie</p>
<p>Le conseil a confié à la Direction des immeubles de la Ville centre le mandat de la mise en œuvre de l&#8217;implantation d&#8217;une nouvelle cour de voirie principale et unique dans l&#8217;arrondissement du Plateau-Mont-Royal.</p>
<p>Un contrat de services professionnels a été attribué pour les phases d&#8217;avant-projet, de conception et de construction de la cour de services, et ce, pour une somme maximale de 715 221,15 $.</p>
<p>La Direction du contentieux a été mandatée pour entreprendre toutes les procédures requises pour acquérir, de gré à gré ou par expropriation, le lot 3 105 681, compris dans le quadrilatère formé par l&#8217;avenue de Gaspé, la voie ferrée du Canadien Pacifique, l&#8217;avenue Henri-Julien et l&#8217;axe de prolongation éventuelle de la rue Saint-Viateur, à des fins de cour de voirie.</p>
<p><strong>1 décembre 2008 14:44:38 GMT-05:00</strong></p>
<p>allo, je comprend pas trop ce dont il est question. On va déplacer 3 voiries au même endroit pour construire des condos  et du logement abordable dans le plateau. mais toi tu pleure car il n&#8217;y aura plus plantes sauvages qui pousseront sous l&#8217;asphalte de la voirie, c&#8217;est ca?</p>
<p>ouais. tiens moi au courant des manifs, c une bonne raison pour me tenir près des tracks.</p>
<p>ciao</p>
<p><strong>1 décembre 2008 14:47:45 GMT-05:00</strong></p>
<p>Oui, je pleure.</p>
<p>Je pleure parce qu&#8217;un parc sauvage est plus beau qu&#8217;un parc aménagé sauvagement. Je pleure parce que cette friche est comme un exutoire de liberté, un retranchement reposant, une invitation à une certaine bohème de passage. Cet espace est aussi un passage. Un carrefour des travailleurs matinaux et des promeneurs d&#8217;après-midi. Cette place c&#8217;est la possibilité éternelle. En faire quelque chose c&#8217;est tuer cette possibilité.</p>
<p><strong>1 décembre 2008 14:59:21 GMT-05:00</strong></p>
<p>c&#8217;est très beau et bon ton poème. merci.</p>
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		<title>source de liberté, jeu et créativité</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 03:04:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charle Lamarre</dc:creator>
				<category><![CDATA[2/ life is here: communauté]]></category>

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		<description><![CDATA[La pénombre s'installait après qu'un envoûtant coucher de soleil ambré nous ait donné le goût de se promener. On voulait vivre un suspense, effrayer les filles pour qu'elles fassent semblant de chercher notre protection.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;était vendredi, soir d&#8217;été. Trois gars et trois filles buvaient des bières et du vin. Ambiance agréable. La pénombre s&#8217;installait après qu&#8217;un envoûtant coucher de soleil ambré nous ait donné le goût de se promener. Peut-être qu&#8217;on n&#8217;avait plus grand-chose à se dire. Le silence aurait ainsi créé un besoin de sensations fortes. Surtout chez les gars. On voulait vivre un suspense, effrayer les filles pour qu&#8217;elles fassent semblant de chercher notre protection. On voulait jouer aux héros et être des romanciers du direct. On a donc inventé un mythe: Le parc de l&#8217;assassin. Les filles n&#8217;y ont jamais cru, mais elles voulaient jouer aussi. Il faut dire qu&#8217;à cette époque, elles nous aimaient encore comme des groupies. C&#8217;était la mi-vingtaine, l&#8217;été et la légèreté des amours naissants. Dans le coin où on vivait, il y avait cet espace. Ce terrain vague où poussent de longues herbes, des arbres, des bosquets et des chemins de travailleurs. Ils s&#8217;y enlignent aussi des blocs de béton sur lesquels on peut s&#8217;asseoir, ainsi que des tas de vidanges qui nous rappellent la présence d&#8217;imbéciles dans le coin. Au bout de ce parc, qui n&#8217;en est pas un, il y a la track. Si on suit la track très longtemps, on trouve l&#8217;océan. À gauche c&#8217;est le Pacifique et à droite l&#8217;Atlantique.</p>
<p>On était donc trois jeunes cons flanqués de nos trois amoureuses. On les amenait dans le parc de l&#8217;assassin en inventant une histoire sordide où des enfants illégitimes avaient été élevés par les carmélites. Peut-être des fils et des filles de prêtres ou même de sœurs cloîtrées. Peut-être des cas de démences. L’assassin du parc en était justement un. Il serait revenu rôder près du couvent après son départ pour la vraie vie. Il aurait tué n&#8217;importe qui, pour aucune raison. Pas un gros tueur. Juste trois morts. On voulait être crédible. On avait commencé en inventant cette légende de la chorale sourde des carmélites. Celle que l&#8217;on entend la nuit, soit dans nos rêves, soit dans notre tête. Un chant plaintif de miséricorde et de rédemption. Une sorte d&#8217;avertissement doublée d&#8217;une demande de pardon. On prétendait l&#8217;entendre. On imposait alors le silence dans les rangs. Un certain stress s&#8217;installait. Elles jouaient le jeu. Pas au point de nous faire croire qu&#8217;elles entendaient le chant, mais au moins assez pour qu&#8217;on ait la sensation qu&#8217;elles aient peur. On avançait sans bruit vers le terrain vague. On passait en arrière des deux boucheries industrielles et de l&#8217;entrepôt d&#8217;épicerie. Les herbes étaient hautes. Le mur du Carmel imposait une ambiance gothique. Soudain, on s&#8217;est mis à courir dans le champ. On a disparu. Les filles ne riaient plus. Elles nous criaient qu&#8217;on était cons. On est revenu en riant et elles voulaient rentrer à la maison. On est tous allés se coucher. La nuit était pourtant jeune. Mon amoureuse et moi ne pouvions pas dormir. On discutait tranquillement quand on entendit une harmonie bizarre émanant à la fois de la rue et de la ruelle. On avait peur. Tout à coup, un TOC TOC TOC a résonné à la fois en avant et en arrière. Figés. Battements de cœur. Sueurs. On se terrait dans le lit quand le téléphone sonna. En répondant, j&#8217;ai compris. Mes deux connards d&#8217;amis avaient monté le coup et s&#8217;étaient synchronisés avec leur cellulaire. Merde, on s&#8217;était fait avoir.</p>
<p>Cette histoire date de 2003. J&#8217;écris ce texte en janvier 2009 pour dire simplement qu&#8217;un espace libre est source de liberté, jeu et créativité. Je comprends que l&#8217;on veuille rendre un endroit mieux éclairé, moins épeurant, plus accessible, mais je crains qu&#8217;en changeant sa nature, on tue ce qui est spécial d&#8217;un endroit. Qu&#8217;on tue la spontanéité, qu&#8217;on éteigne le feu en le bourrant de bûche. Aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai l&#8217;impression que la réalité va venir bétonner la fiction, le jeu, la jeunesse, la liberté. J&#8217;ai cette amertume de celui qui craint le trop officiel. Comme si le trop formel mettait tout dans le formol en prétendant tout conserver vivant.</p>
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